"Perspectives Agricoles" de 2001 : remarques (non exhaustives) sur 3 articles

Désherbage et non labour : bien gérer l'interculture pour compenser l'absence de labour. J. LABREUCHE, n°271 (sept.) : 68-74

p.68
"taux annuel de décroissance" c'est peut-être la perte de viabilité dans des conditions déterminées de conservation ; à partir de quelles données ?

flore "favorisée par des cultures ayant le même cycle de développement" ? différentes formes biologiques de mauvaises herbes coexistent habituellement dans une parcelle et une culture

"... les céréales vont favoriser des graminées (brome, vulpin...)" : pas plus ces espèces que d'autres, tout dépend des herbicides employés : si on utilise le sulfosulfuron, les bromes ne vont pas se développer mais les vesces peut être que si

p.69
fig. 2 : compare des marques d'outils et les "outils" à prise de force" : comme s'il y avait un mécanisme d'action propre à la marque ; et il existe une diversité d'outils animés par prise de force : lames verticales, horizontales, obliques, dents rondes verticales
"faire lever les graines à la surface du sol (faux-semis)" je ne comprends pas ; faire germer ou lever les graines fonction de profondeur d'origine des levées ou des graines qui germent mais ne lèvent pas, de l'age des graines dans le sol

p.70
fig. 3 : les titres de colonnes sont énigmatiques : ex. est-ce que le tableau veut dire que  le "chardon" est très favorisé par  plus de 2 déchaumages (c'est absurde) : en toute logique il faut comparer le calendrier de végétation et le calendrier d'intervention

déchaumeurs "les racines sont sectionnées et la plante est laissée en surface" il faut peut être comprendre que "plante" = "organes aériens" ; le dégat dépend de l'architecture souterraine de chaque mauvaise herbe (les tiges souterraines peuvent être sectionnées)

"les cultures d'automne favorisent des graminées comme le vulpin, le ray-grass et le brome et favorisent moins les vivaces comme le chardon" : le ray-grass d'Italie pousse bien en maïs ; que signifie "vivaces comme le chardon" : Cirsium arvense envahit les cultures d'automne

p. 72
"affinent fortement le sol sur une profondeur de 2 cm... explique leur grande aptitude à réaliser des faux semis"

"la lutte contre les vivaces est un travail de longue haleine" au contraire, surtout s'il n'y a pas de graines : les organes végétatifs se conservent moins longtemps (qq mois) que des graines (plusieurs années en général)

"les outils à disques ont l'inconvénient de découper les rhizomes" il faut que le rhizomes soient dans la couche travaillée, et c'est un avantage ; opération  "suivie de l'application d'un herbicide" ou d'une autre intervention mécanique

"les outils à dents auront la possibilité de mettre à la surface du sol des rhizomes...péricliter en saison sèche"

"plusieurs années peuvent être nécessaire pour détruire de fortes infestations" pourquoi est ce que ce serait plus long avec les fortes infestations ?

"action forte et durable sur les vivaces" je ne comprends pas

"un effet plus limité à long terme" je ne comprends pas "plus limité" et "long terme"

p. 73
"dicotylédones comme les prêles" : il faut réviser les notions sur le règne végétal ; les Equisetum sont des Ptéridophytes, non des Spermaphytes

p.74
"d'autres sont à raisonner sur du moyen et long terme" je ne comprends pas

"les vivaces sont... fréquentes car elles se multiplient mieux dans les cultures dicotylédones de printemps" : certes, certaines ne sont guère détruites par les herbicides utilisés dans ces cultures ; on peut au moins citer comme contre exemple manifeste les pérennes à végétation exclusivement hivernale

"les intercultures... entre une céréale et une culture de printemps... faciles à gérer" ces intercultures longues permettent à tous les types de calendriers de végétation de se manifester (estivaux, hivernaux, sempervirents), à tous les types de pérennes de se multiplier, et ceci sans aucune concurence exercée par la culture ; il s'agit plutôt des plus difficiles à gérer

"un glyphosate... détruire les vivaces" oui mais il détruit au plus des pérennes en feuillage au moment de l'application


2 articles :
"Techniques sans labour : évolution de la flore adventice" de L. JOUY, n°271 (sept. 2001) : 58-61
"Désherbage et techniques culturales : raisonner le désherbage à l'échelle de la parcelle" de C. GANDON et L. JOUY, n° 272 (oct. 2001) : 69-74

Ces 2 articles se ressemblent et plusieurs passages de plusieurs paragraphes chacun sont mêmes identiques mot pour mot.

Introductions
 p.69 : je ne comprends pas l'introduction, ni l'exposé de la logique des agriculteurs sur les gaspillages d'herbicides et le calcul des marges (c'est probablement toujours vrai : cela n'a rien de propre à une situation donnée).
Le gaspillage d'herbicides dépend a priori de leur prix. La comparaison des spectres des herbicides utilisables sur chaque culture est un souci depuis plusieurs décennies ; toutefois, avec des outils récents tels que la herse étrille, on ne se soucie guère de la flore présente.

Stocks de graines
"sol propre" et "parcelle propre" d'après les nombreux contextes d'utilisation, ces expressions fréquentes ne désignent pas les parcelles à stocks de diaspores faibles mais  une parcelle juste après la destruction ou l'enfouissement des organes aériens

p 59 "taux annuel de décroissance" et "capacité de survie des semences" (tableau 1) : quelque que soit le sens donné (proportion qui germe ou taux de survie : il y a amalgame entre ces 2 notions), je comprends pas le tableau ; l'origine des données étranges n'est pas indiqué, pas plus que les conditions d'observations (le RGI qui diminue de plus des trois quarts dans l'année quand on sait le grand nombre d'années de conservation de la faculté germinative de cette espèce...)

"labour... fait perdre le pouvoir germinatif au labour suivant" ou, dans les semaines qui suivent le premier labour, le stock germe  mais ne lève pas : il est épuisé

"les adventices à taux annuel de décroissance faible sont défavorisées en technique d'implantation simplifiée lorsque le désherbage est très efficace" : c'est également vrai avec labour ; c'est la vitesse qui est différente si la germination n'a lieu que près de la surface

p. 60 : "après une succession de labours, la plus grande proportion des semences se situe entre 10 et 20 cm" : les labours homogénéisent la couche travaillée

"la quantité de graines présente au m2 dans la couche arable peut varier du simple au double selon la profondeur du labour et l'intensité du désherbage" : pour certaines espèces, les fluctuations liées à la saison sont bien supérieures ; ainsi pour la plupart des Bromus, le stock est présent en été et absent en hiver.

Germination
p.70 : "le travail du sol superficiel... placer les adventices en conditions favorables de germination et laisser en profondeur le stock semencier en conditions défavorables de germination" : cela dépend des espèces, certaines peuvent avoir des levées d'origine profonde (Avena fatua, Veronica hederifolia)

p. 58 : qq problèmes, en particulier "l'intensité et la durée lumineuse journalière conditionnent la germination" : la littérature signale plutôt et de loin la température et les alternances de températures comme déterminantes

p.59 : "un sol tassé peut diminuer la densité de levée de certaines ... et favoriser la levée d'autres (chardon des champs, pâturin annuel)..." : une croute de batance peut provoquer la mort de certaines plantules avant leur levée ; sinon, le sol tassé entrave le développement de la culture et certaines mauvaises herbes qui lèvent s'y développent alors mieux (je doute de l'action sur l'effectif d'individus de chardon des champs)

p. 60 et 71 : "Le travail du sol superficiel en continu associé à une lutte chimique insuffisante conduit à de plus fortes infestations que le travail du sol à base de labour" : pour la plupart des espèces, c'est la vitesse de changement (lorsqu'il y a des changements) des populations qui en cause, pas le niveau atteint ; et ce n'est pas particulier à la lutte chimique

p. 61 : "les sétaires ... ont évolué plus rapidement en technique d'implantation sans labour qu'avec labour. Dans cette situation un désherbage plus performant s'impose"... "le labour... un désherbage efficace reste satisfaisant et évite toute dérive de salissement" : non ; les changements (augmentations et diminutions) sont plus lents avec labour ; si on laisse un stock se constituer avec labour, il sera beaucoup plus difficile de s'en débarasser que sans labour

p. 60 et 74 "la fertilisation azotée dynamise la levée..." cela dépend des espèces ; c'est parfois le contraire

p. 74 "les graminées annuelles ont tendance à augmenter avec la simplification du travail du sol" pas Avena fatua

Déchaumage des pérennes
tableau sans n° de la p. 70 "effet du système de culture" : je ne comprends pas les cases vides (qui sont majoritaires)

p. 71 et 59 "le déchaumage réalisé avec des outils à dents à la particularité de remonter à la surface du sol les rhizomes des espèces vivaces et prépare leur destruction lorsque le sol est sec ultérieurement" : certaines pérennes ont effectivement des rhizomes (ou tiges plagiotropes souterraines, situées à des profondeurs variables selon les espèces), d'autres se propagent par racines ou par stolons, d'autres ne se propagent pas végétativement ; les dents peuvent remonter une partie des rhizomes ou fragments de rhizomes situés dans la couche travaillée, elles peuvent également disséminer ces rhizomes dans des endroits de parcelle d'où ces espèces étaient absentes ; les fragments peuvent supporter une certaine sécheresse

p. 71 et 60 "le semis direct... a la particularité de ne pas redynamiser la levée d'adventices présentes dans le sol" : c'est vrai pour beaucoup de graines mais c'est le contraire pour les repousses à partir d'organes végétatifs


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